L’échelle de burn out la plus utilisée en milieu médical et professionnel est le MBI (Maslach Burnout Inventory), développé en 1981 par la chercheuse Christina Maslach et Susan Jackson. Cet outil ne pose pas un diagnostic, mais il mesure l’intensité de l’épuisement professionnel à travers trois dimensions distinctes. Savoir comment il fonctionne aide à mieux lire ses résultats.
Qu’est-ce que le MBI ?

Le MBI se compose de 22 affirmations que la personne note selon la fréquence à laquelle elle les ressent au travail : de 0 (jamais) à 6 (chaque jour). Des phrases comme « Je me sens émotionnellement vidé(e) par mon travail » ou « Je me sens au bout du rouleau » côtoient d’autres qui évaluent le rapport aux collègues ou aux bénéficiaires du travail.
Conçu à l’origine pour les professions de contact (soignants, enseignants, travailleurs sociaux), il s’utilise aujourd’hui dans de nombreux secteurs. Les résultats se lisent en trois scores séparés, un par dimension : une approche multi-axes qu’on retrouve dans d’autres outils psychométriques de mesure des attitudes utilisés en sciences humaines.
Les trois dimensions mesurées par l’échelle
Sentiment d’être vidé de toute ressource affective. Dimension centrale du burn out.
Attitude de détachement, voire d’indifférence froide envers les personnes côtoyées au travail.
Sentiment d’efficacité et de compétence dans son travail. Se lit à rebours des deux autres.
Les trois scores se lisent séparément, jamais additionnés.
Le MBI repose sur trois axes indépendants :
- L’épuisement émotionnel : sentiment d’être vidé de toute ressource affective, de n’avoir plus rien à donner. C’est la dimension centrale du burn out.
- La dépersonnalisation : attitude de détachement, voire d’indifférence froide, envers les personnes avec qui on travaille. Un mécanisme de défense qui traduit une surcharge durable.
- L’accomplissement personnel : sentiment d’efficacité et de compétence dans son travail. Cette dimension fonctionne à l’inverse des deux premières : un score élevé est un bon signe.
Chacun de ces trois scores s’interprète séparément. Les additionner est une erreur d’interprétation.
Comment interpréter ses scores ?
Voici les seuils de référence pour chaque dimension :
| Dimension | Score faible | Score moyen | Score élevé |
|---|---|---|---|
| Épuisement émotionnel | < 17 | 18 à 29 | ≥ 30 |
| Dépersonnalisation | < 5 | 6 à 11 | ≥ 12 |
| Accomplissement personnel | > 40 | 34 à 39 | < 33 |
Pour l’accomplissement personnel, un score inférieur à 33 indique un burn out élevé, tandis qu’un score supérieur à 40 est signe de bien-être. C’est la seule dimension à lire à rebours.
Un profil préoccupant cumule un score élevé sur les deux premières dimensions et un score faible sur la troisième. Cette configuration correspond à ce que les cliniciens identifient comme un épuisement professionnel avancé.
Ce que l’échelle ne peut pas faire seule
Le MBI mesure une intensité, pas une maladie. Il permet d’objectiver une souffrance souvent difficile à formuler, mais plusieurs limites méritent d’être comprises :
- Les seuils ont été définis par tertiles statistiques, non par critères cliniques
- Le contexte professionnel influe fortement sur les réponses
- Deux personnes avec le même score peuvent traverser des réalités très différentes
Si le questionnaire révèle des scores préoccupants, l’étape suivante reste d’en parler avec un médecin traitant ou un médecin du travail. Des outils plus récents comme le BAT (Burnout Assessment Tool) complètent parfois le MBI pour une évaluation plus fine.






